La révolution est en marche pour le tourisme veveysan

jeu, 13. mai. 2021
Les sociétés de Rathvel et des Paccots ont réuni la presse ce mardi pour présenter un projet d’envergure. ANTOINE VULLIOUD

LES PACCOTS/RATHVEL

Les sociétés d’exploitation des remontées mécaniques des Paccots et de Rathvel ont présenté un projet d’envergure de tourisme quatre saisons.

Certaines structures hivernales seront renforcées, d’autres abandonnées, avec la volonté de centraliser et de développer des activités estivales pour les familles.

Aux Paccots, un lac artificiel sera créé, tandis que deux restaurants sur les pistes verront le jour.

Quelle révolution pour le tourisme veveysan! Les stratégies des sociétés d’exploitation de Monte-Pente de Corbetta SA et de Skilifts Rathvel SA ont été complètement revues, pour aboutir à la création d’un plan touristique sur quatre saisons. Un projet commun ambitieux a été présenté à la presse ce mardi.

Les deux entités ont mandaté un cabinet lucernois pour entreprendre une étude de faisabilité. Celle-ci achevée, l’heure est désormais à la planification. Si tout se passe bien, la construction et l’exploitation débuteront en 2022.

Petit florilège, point par point, sur les changements à venir dans les stations des Paccots et de Rathvel.

L’HIVER, TOUJOURS CAPITAL
Les stations de moyenne altitude n’ont pas d’autre choix que de réagir aux conséquences du réchauffement climatique. Pas question toutefois de laisser tomber les activités hivernales, surtout le ski. La stratégie: concentrer le pole de la station des Paccots autour de Borbuintze et des Vérollys. L’enneigement sera assuré par des canons à neige.

Rarement ouvertes ces dernières années, faute d’or blanc, les installations de Corbetta, la Cierne et la Saira – qui permet de relier les deux premières citées – seront déclassées, appelées à mourir d’elles-mêmes dès qu’un coût de réparation s’avèrera trop élevé. Le versant ouest est ainsi abandonné. «Ceci pour des raisons économiques, mais également afin de réduire les nuisances écologiques», note Fabien Morand, président du conseil d’administration.

Dans le même sens, Rathvel concentrera son exploitation autour de la cabane du Petit Oiseau. Une piste de ski nordique verra le jour en fond de vallée, derrière le parking. Coup dur cependant, le téléski du Niremont sera déclassé (lire ci-contre).

D’ailleurs, sur les 11,5 millions de francs estimés pour la réalisation du projet, 5,2 millions sont dédiés à la pratique d’activités hivernales.

LES GROS CHANGEMENTS: DEUX RESTAURANTS ET UN LAC

Les sociétés d’exploitation se lancent dans une transformation en profondeur. Aux Paccots, deux restaurants seront aménagés. Un centre de «services et de gastro» sera installé dans les locaux situés dans l’actuel bâtiment qui abrite également les caisses (l’investissement se chiffre à 1,7 million de francs).

Le chalet La Borbuintze (propriété du Club alpin suisse, section Les Diablerets), situé sur les hauts du téléski éponyme, sera rénové en restaurant (430 000 francs). Le chiffre d’affaires passera en grande partie (34%) par la gastronomie. Un revenu annuel potentiel de 800 000 francs a été annoncé par les instigateurs, là où jusqu’à présent, la société ne gagne pas un centime.

Une ouverture logique, répondant certes à un besoin, mais constituant une concurrence aux restaurants des Paccots, et notamment à l’auberge du Lac des Joncs, aujourd’hui unique établissement situé sur les pistes. «Au vu de l’affluence chaque hiver, je ne me fais pas de souci, il y en aura pour tout le monde», rassure Fabien Morand.

A côté du chalet La Borbuintze apparaîtra un lac artificiel, dont la fonction première constituera l’alimentation des canons à neige. «Il sera créé dans une cuvette naturelle et nous allons construire une digue, détaille le président du CA. L’été, ce lac apportera un aspect de détente.» Les sentiers estivaux se verront par ailleurs réaménagés.

LE TOURISME SANS NEIGE

La clientèle de Rathvel et des Paccots s’avère très familiale et les promoteurs ne s’y sont pas trompés. Ils souhaitent développer des infrastructures dans ce sens, afin d’attirer des visiteurs durant les trois saisons non hivernales. Ils visent 53 000 visiteurs par an, contre 34 000 aujourd’hui. Le tout respectant la thématique axée autour du bois.

Aux Paccots, une aire de jeux suspendue sera mise en place, afin de se promener à hauteur des arbres, en surplombant fougères et ruisseaux. On retrouvera également un portail et des pavillons d’aventure ainsi qu’un «trampoline des cimes». Tout ceci mis en scène dans un but ludique et éducatif. Une «fly line» sera installée sur le versant de Borbuintze et servira de tyrolienne «à basse vitesse», sur environ 300 mètres. L’objectif financier des activités estivales s’élève à environ 600 000 francs par an.

A Rathvel, on retrouvera un tapis magique, aussi pour l’été, un mini Bike Park, une place de jeux alpestres, un minigolf et un jeu de quilles et même, un camping. Contrairement à sa voisine, la station présentait déjà des revenus estivaux d’environ 520 000 francs, notamment liés à la gastronomie. Les nouvelles activités rapporteraient près de 100 000 francs de plus par an.

Des choix effectués, une fois encore, avec en tête la clientèle cible: les familles. Et ce désir d’innover. «Nous souhaitions proposer quelque chose de différent, sans tomber dans la concurrence avec nos voisins gruériens, comme cela aurait été le cas en créant une piste de VTT de descente, par exemple», expose Sophie Reymond, membre du groupe de travail en tant que directrice de l’Office du tourisme de Châtel-St-Denis, Les Paccots et la région.

OBJECTIFS ET FINANCEMENT

Les investissements prévisibles s’élèvent à 9,29 millions de francs pour Les Paccots et à 2,19 millions de francs pour Rathvel. Une nouvelle association sera propriétaire des installations financées, en accord avec la Loi sur le tourisme. Ceci permettra le financement via le fonds d’équipement touristique (FET) du canton, à 49 %. La sollicitation aux communes devrait couvrir 25%-30% et la société d’exploitation se chargera du solde.

Pour l’heure, les deux entités à la base du projet restent distinctes. «Il s’agit d’un rapprochement au niveau opérationnel, afin de bâtir une organisation robuste et rationnelle», lâche Fabien Morand. Désormais, les instigateurs du projet entrent dans la phase de planification. Il s’agit notamment de s’attarder sur les aspects pratiques, comme la modification du Plan d’aménagement local et l’obtention du permis de construire ou l’étude d’impact sur l’environnement.

Jonas Ruffieux


Trois question à...

FRÉDÉRIC SAUTEUR

Directeur de Skilifts Rathvel SA

A quel point était-ce vital pour vous de rejoindre ce projet? Frédéric Sauteur: Il s’agissait surtout de travailler ensemble, de faire front commun afin d’économiser, déjà, et surtout pour décrocher des fonds publics. C’est plus simple et ça nous donne plus de poids, lorsque nous présentons le projet avec Les Paccots. Par ailleurs, nous avons remarqué que les deux sociétés possèdent des idées assez similaires, qui allaient se faire concurrence. Nous avons ainsi choisi la complémentarité. Sans compter que la Veveyse se doit de développer son secteur touristique.

Le tourisme estival sera axé autour de la cabane du Petit Oiseau. Un restaurant suffira-t-il à accueillir tout le monde?
Quand c’est plein, c’est plein. L’idée n’est pas d’agrandir le restaurant, mais nous allons le rénover. Et il ne faut pas oublier la buvette de Rathvel qui peut elle aussi recevoir des visiteurs. Je ne me fais aucun souci, nous avons déjà une bonne expérience dans ce domaine.

La disparition à venir du grand téléski du Niremont constitue une sacrée perte pour Rathvel!
Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris cette décision, il en dépend de notre survie économique. L’installation date, a déjà été rénovée et nous allons encore effectuer quelques travaux d’entretien. Mais il arrivera bien un jour où il faudra faire de lourds investissements pour la maintenir. L’idée n’est pas de l’abandonner du jour au lendemain, mais elle n’est pas rentable et nous n’allons, par conséquent, pas y injecter trop d’argent. On sort d’une bonne saison qui nous permet de le faire, mais ce ne sera pas forcément le cas chaque hiver. Emotionnellement, je vous l’accorde, ce n’est pas facile.
Propos recueillis par Jonas Ruffieux

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