La recrue Monney se plaît à Macolin

| jeu, 15. jui. 2021

SKI ALPIN MACOLIN/CHÂTEL-ST-DENIS

Notre série d’été nous plonge en immersion dans le quotidien d’une personne ou d’un lieu particulier.

Le Messager s’est rendu à Macolin pour ce premier épisode, pour y rencontrer le skieur châtelois Alexis Monney.

L’athlète de 21 ans effectue son école de recrues avec le statut de sportif d’élite et profite d’un programme qui place l’entraînement au cœur de son quotidien.

L’arrivée à Macolin s’apparente aux yeux des sportifs comme un doux rêve, comme l’étendue des possibles. Partout, des salles de sport, des terrains de football, de tennis ou de beachvolleyball. Le petit village bernois, situé sur les hauts du lac de Bienne, abrite le centre de l’Office fédéral du sport ainsi que la Haute Ecole fédérale de sport.

C’est ici, dans ce décor paradisiaque, que le skieur châtelois Alexis Monney effectue son école de recrues, depuis trois mois. «Ici, c’est la halle des gymnastes», nous indique notre guide du jour. Là, un parcours de pump-track, ici, une salle triple. Là-bas, au lieu-dit «le bout du monde», encore des salles de gymnastique, où ont l’habitude de se retrouver les skieurs.

Une athlète, justement, s’attelle à un exercice d’équilibrisme, juchée sur un pédalo, deux raquettes de ping-pong en main. «C’est Wendy», lâche sobrement Alexis Monney. Wendy Holdener (photo), donc, Suissesse bien connue du monde du cirque blanc, double c h a mpion ne du monde du combiné, pour ne citer qu’un brin de son palmarès.

Engagé pour 18 semaines

De nombreux athlètes s’entraînent par périodes à Macolin, certains même à l’année. Alexis Monney, lui, découvre. Le Veveysan de 21 ans a entamé ses 18 semaines obligatoires d’une école de recrues particulière, réservée aux sportifs d’élite sélectionnés par la fédération. Le Châtelois a bénéficié de ses excellents résultats lors des deux dernières saisons pour prétendre à une place. «J’ai suivi le recrutement comme tout le monde, tout en sachant que je viendrai ici.»

Car avant de chausser une première fois les skis le 12 août prochain, il s’agit de se renforcer musculairement. Chaque jour, A lexis Monney sue quelques heures. «Les horaires sont imposés, mais nous sommes assez libres sur le programme. C’est du ressort de l’entraîneur personnel et non plus de l’armée.»
Ce matin-là, c’est sur un vélo d’intérieur qu’il grimpera, afin d’effectuer une série d’intervalles. Et il nous invite à y participer. Soit. Nous nous échauffons une quinzaine de minutes, puis entamons l’exercice. «Cinq secondes à mouliner le plus vite possible, puis 25 secondes de récupération active, durant sept minutes.» Le tout deux fois, avec quelques minutes de pause entre deux. «Si on met de l’intensité durant les 25 secondes, ça peut faire très mal aux jambes. Ce n’est de loin pas mon exercice favori.»

La Scierne à la course

La chaleur agréable de la salle de gymnastique devient suffocante durant l’effort. Les cuisses, en effet, brûlent et la douleur laisse un avant-goût de ce que constitue le quotidien estival des skieurs, qui passent de longues heures en salle de musculation. «Etonnamment, j’aime bien ça», sourit l’athlète de Fruence, qui s’entraîne seul, la plupart du temps. Et préférablement, depuis chez lui. «J’ai pour habitude de monter à la Scierne, sur les hauts des Paccots, à pied. Selon un intervalle de 30 secondes à la course, puis 30 secondes en marchant, sur 45 minutes.» Le but de ces séries: entraîner les changements de rythme.

L’exercice n’est pas long, mais exigeant. Les gouttes de sueur perlent sur nos fronts, mais déjà vient la sensation exquise du corps rassasié de l’effort fourni.

En sortant de la salle, Alexis Monney salue ses nombreux collègues skieurs, majoritairement alémaniques, avec qui il avoue ne pas avoir de contact rapproché. Après l’entraînement vient le repas, pris au sein de la cantine du complexe, située au rez du bâtiment dans lequel loge Alexis Monney.

La vue compense la chambre

L’aménagement de sa chambre exiguë, qu’il partage avec le skieur vaudois Gaël Zulauf, rappelle l’aspect militaire de son séjour à Macolin. La vue dégagée sur le lac et la ville de Bienne depuis le petit balcon redonnent toutefois un air joyeux à l’espace. Pour autant qu’il fasse beau. «Je passe beaucoup de temps en chambre, car finalement, je ne suis pas très occupé. Je m’entraîne entre quatre et cinq heures par jour, c’est tout. Du coup, je regarde des séries, je lis des livres. Parfois, on se retrouve avec les Romands de l’équipe pour jouer aux cartes ou boire un café, c’est sympa, ça change un peu. Mais tout de même, je préférerais être à la maison.»

Décompte des semaines

Le Châtelois se réjouit ainsi du 20 août prochain, date de la fin de ses obligations. «Je ne suis pas au point de cocher chaque jour sur un calendrier, mais je fais quand même un décompte des semaines», sourit-il.

Après le repas, le Châtelois s’autorise une sieste, avant de se remettre au travail, pour l’entraînement de l’aprèsmidi. Puis viennent le souper et le couvre-feu. Un programme quotidien qui ne subit que peu de variations, mais qui ravit amplement Alexis Monney. «J’ai conscience de faire partie des privilégiés.»

Jonas Ruffieux


«Une armée très peu militaire

Dans le temple du sport, Alexis Monney ne se sent pas vraiment à l’armée. «Il y a l’appel, à 7 h et le couvre-feu, à 22 h. Mais entre deux, peu de formalités. Notre métier consiste à nous entraîner. Nous ne sommes pas astreints à toutes les pratiques usuelles de l’armée, comme les marches de 50 kilomètres avec des énormes sacs à dos.»

A son entrée à Macolin le 19 avril, la recrue Monney a toutefois suivi une formation de soldat «de base», de trois semaines. «J’ai ainsi pu voir, quand même, à quoi ressemblait l’armée», sourit le champion du monde juniors de descente 2020. «Les deux semaines qui ont suivi, nous avons reçu une formation pour donner des cours de sport à des adultes.»

D’autres cours ont eu lieu entre-temps, des formations variées et notamment, un enseignement de quelques jours sur les rapports aux médias. «Des journalistes sont venus nous expliquer l’importance de l’image et la manière de répondre à des interviews.»

Le tout en une fois

Depuis cette année, le format d’école de recrues pour sportifs d’élite a quelque peu changé. Avant, le cursus s’effectuait sur deux ans, tandis qu’aujourd’hui existe la possibilité d’aligner les 18 semaines d’astreinte. Pour s’en libérer, Alexis Monney a décidé d’effectuer son dû au plus vite. «On a pu choisir quand commencer. A la fin de la saison, j’ai pris dix jours de vacances, puis je suis venu directement à Macolin. Ça évite d’empiéter sur la préparation hivernale.» JR


Prochain camp: dans une halle réfrigérée

Alexis Monney va rechausser ses skis dans moins d’un mois, dans une halle, située soit en Belgique, soit au nord de la France, pour un camp avec l’équipe de Suisse. «Les entraîneurs recherchent des conditions gelées, les plus hivernales possibles. Là-bas, la température est constamment à –2 degrés.» Ensuite, c’est sur les glaciers valaisans que le Châtelois prendra ses marques pour la saison à venir. L’objectif: faire ses armes en Coupe d’Europe afin de pouvoir prétendre dans un avenir à moyen terme, à une place fixe en Coupe du monde.

La tournée américaine?

Un premier départ pourrait avoir lieu cette saison déjà, avec un peu de chance. «Si en octobre, je m’affirme au même niveau que certains cadres de l’équipe, je pourrais prétendre à une place pour la tournée nordaméricaine. Ce serait incroyable, mais à voir si les entraîneurs prendront le risque de sélectionner un jeune de 21 ans.»

Le skieur de Fruence se contenterait déjà de participer à quelques entraînements, afin d’apprendre à dompter les difficiles pistes de Coupe du monde. Il s’alignera en descente et en Super-G en Coupe d’Europe, et en courses FIS en slalom géant. «C’est important de continuer à s’entraîner en géant, c’est formateur pour les disciplines de vitesse.» JR

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