La Vache Qui Livre et qui arrange tout le monde

jeu, 15. avr. 2021
Thibaud Chevalley, Simon Panchaud et Grégory Dufey (de gauche à droite) forment le trio à l’origine de l’entreprise de livraison. LE MESSAGER

LIVRAISON ALIMENTAIRE ORON-LAVAUX

Consommer local et soutenir les producteurs de la région sans bouger de chez soi: c’est le concept que trois amis ont développé. Après le Gros-de-Vaud, La Vache Qui Livre étend ses services aux régions d’Oron-Lavaux, la Glâne et la Broye.

Le semi-confinement du printemps 2020 a permis l’émergence de nombreuses idées et projets, soigneusement rangés dans le tiroir, faute de temps. Alors quand on est footballeur amateur à raison de quatre entraînements et un match par semaine et que tout s’arrête, du temps, on en dispose.

Grégory Dufey a pleinement su profiter de l’occasion, lui qui imaginait, depuis un moment déjà, créer un service de livraison à domicile, à caractère ultralocal. En mars 2020, le Glânois d’adoption a fait part de son projet à son ami Thibaud Chevalley, qui est entré dans la danse. «Nous avions besoin également d’un graphiste.» Simon Panchaud, un troisième «footeux», a rejoint l’aventure. Depuis une année, ils forment le trio complémentaire qui a développé La Vache Qui Livre.

Leur projet tient en trois points. «Nous avions envie, premièrement, de soutenir les producteurs de la région, en leur offrant un appui marketing et logistique, explique l’instigateur. Ensuite, nous souhaitions apporter une solution au consommateur, qui désire acheter local, mais qui n’a pas le temps ou les moyens de se déplacer dans plein de commerces différents pour faire ses courses.» Enfin, on retrouve chez les trois trentenaires une envie commune de créer un service. «On a un côté un peu entrepreneur.»

La Vache Qui Livre, c’est donc une plate-forme qui réunit une cinquantaine de producteurs de la région du Gros-de-Vaud – là où les trois compères ont lancé leur entreprise – et de la région de Lavaux-Oron, de la Broye et de la Glâne, ajoutées à la fin février aux lieux de livraison. Le consommateur fait ses emplettes directement sur le site internet, jusqu’au dimanche soir, puis reçoit sa commande mardi ou jeudi, selon son domicile. La Vache Qui Livre se charge de récupérer les produits chez les différents fournisseurs et les assemble dans un panier, livré à domicile. Le mot d’ordre: «Tout doit provenir du coin.» Dans la mesure du possible, du moins.

Si bien que les fondateurs sont allés jusqu’à se «mettre des bâtons dans les roues», avec la volonté de rester ultralocal malgré l’expansion de leurs services. «On a quasiment doublé nos fournisseurs de produits frais, afin de ne pas livrer du pain issu du Gros-de-Vaud à des habitants d’Oron, par exemple. Regrouper n’entrait pas dans les valeurs de base qu’on a insufflées au projet», expose Thibaud Chevalley, qui s’occupe des relations avec les clients, de la comptabilité et de la logistique des tournées.

Etape par étape

A leurs débuts en août dernier, les trois compères se relayaient afin d’assurer les livraisons, le samedi. Le succès grandissant, ils ont pu se permettre la location d’une camionnette et l’engagement à temps partiel d’un livreur. Ils disposent également d’un petit local, près de Ropraz, où sont stockés les produits non périssables. «On grandit par palier, note Simon Panchaud, responsable du graphisme et de la communication. On y va crescendo, sans brûler les étapes.»

Les créateurs du service œuvrent d’ailleurs en tant que bénévoles. L’argent dévolu au salaire de leur employé et aux divers frais est issu de la «très petite marge appliquée sur les produits vendus», indique Grégory Dufey, chargé du contact avec les fournisseurs. Quant aux coûts de livraison, ils sont à peine couverts par la participation demandée aux clients. Thibaud Chevalley explique: «Il y a une barrière psychologique concernant ces frais. Les gens ne se rendent pas forcément compte qu’en recourant à la livraison à domicile, ils économisent du temps et de l’argent.» Pour une grosse commande, la gratuité s’applique, tandis que pour les plus petites, le montant s’élève à 4 fr. 90 ou à 9 fr. 90.

Pas moralisateurs

Actuellement, La Vache Qui Livre enregistre entre 100 et 150 commandes hebdomadaires, en moyenne. Dans l’air du temps, l’action des trois amis semble tomber à point nommé. Pratique, éthique et écologique. «L’empreinte carbone est largement en notre faveur. A terme, ce serait idéal d’acquérir un véhicule électrique», juge Grégory Dufey. Puis de préciser: «Nous avons un aspect écolo, mais ce n’est pas quelque chose que nous revendiquons forcément. Nous insistons sur le plaisir de consommer local, sans nous montrer moralisateurs. Notre but n’est pas là.»

L’idée consiste avant tout à rendre service. La Vache Qui Livre, ce «copain, à la communication décalée», pourrait bien constituer la bonne idée qu’on a envie de copier. Jonas Ruffieux


Grandir pas à pas

Les demandes affluent déjà pour que La Vache Qui Livre étende encore sa zone de livraison. Mais les créateurs de la société, Grégory Dufey, Simon Panchaud et Thibaud Chevalley ne veulent pas se brûler les ailes. «La facilité serait de couvrir de nouvelles zones sans ajouter de fournisseurs, concède le premier nommé. Mais la valeur de l’entreprise consiste à proposer du très local. Un jour, pourquoi ne pas créer une zone Riviera-Veveyse avec des producteurs de ces régions-là?» Grandir, pas à pas. Et surtout, ne pas surcharger les fournisseurs. «Si par exemple, on développait un service de commande quotidienne, on ne rendrait plus service au commerçant, qui se retrouverait constamment dans le stress des préparatifs. Ainsi, notre système assez rigide, qui impose de commander avant le dimanche soir, permet aux artisans de s’arranger.»

Ces derniers sont déjà plus de cinquante à collaborer avec les jeunes trentenaires. «Pas un seul n’a abandonné en cours de route, une fierté», se réjouissent-ils, en précisant que tout nouveau producteur intéressé par leurs services peut s’annoncer, sur le site internet de La Vache Qui Livre. JR


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