Une initiative pour des véhicules plus sûrs

jeu, 18. mar. 2021
Dans son initiative, Didier Baudois veut combattre ce manque de sûreté au volant. Comme par exemple l’agrandissement des montants aux coins des pare-brise qui crée des angle morts. PIXABAY

ATTALENS/SUISSE

Domicilié à Attalens, Didier Baudois a lancé l’initiative «Pour des véhicules plus sûrs». Il a jusqu’au 16 septembre 2022 pour rassembler 100 000 signatures.

Depuis mardi, il est possible de télécharger l’initiative populaire intitulée «Pour des véhicules plus sûrs» sur le site de la Chancellerie fédérale. Cette action citoyenne menée par l’Attalensois Didier Baudois découle de plusieurs années de réflexion. Il s’attaque au manque de sûreté des véhicules sur la route.

Tout a commencé un jour de février 2015 après un accident de la circulation mortel à Bulle. Un 4x4 avait heurté une septuagénaire, qui avait, par la suite, succombé à ses blessures. «J’avais été stupéfait que le conducteur se retrouve seul face à la justice, exprime le Veveysan. Il roulait au-dessous des limitations de vitesse et n’avait pas vu cette dame. J’avais trouvé injuste qu’aucun représentant du constructeur ne soit présent.» Pour lui, il ne fait aucun doute que ce dernier a également sa part de responsabilité.

Ensuite, Didier Baudois s’est plongé dans des recherches pour comprendre le besoin d’acheter ce genre de véhicules. «Je me suis rendu compte que nous étions pris en otage. Toutes les marques, à quelques centimètres près, proposent les mêmes 4x4.» Un constat qui effraie l’ingénieur en génie logiciel. «Une étude du Guardian, reprise par 24 heures, affirmait que le taux de mortalité dans ce type de voitures avait augmenté de 25% entre 2000 et 2005.»

Un texte «plus puissant»

Après avoir écrit aux différents constructeurs – il est resté sans réponse –, il décide de changer la loi et s’attaque à la rédaction d’une initiative. «Cela m’a pris environ deux ans pour rédiger le texte et neuf mois pour qu’il atteigne sa forme définitive.» Chaque virgule est passée au peigne fin. «Désormais, mes propos sont plus clairs, plus précis et plus puissants.»

Son message définit quatre principes fondamentaux: l’ergonomie, la protection, la sûreté et la sécurité. «La protection, comme l’airbag, n’empêche pas l’accident, mais les séquelles. La sûreté est l’état de ce qui est sûr et qui ne présente aucun danger. La sécurité, quant à elle, se rapporte à l’état d’esprit, bien ou mal fondé, d’être à l’abri de tout danger.»

Suivant cette logique Didier Baudois ose affirmer qu’il ne sent pas en sécurité dans les véhicules actuels. Il donne un exemple concret. «Les montants de la carrosserie se sont élargis au fil des années par pur esthétisme. Parfois, dans un virage, ces montants m’empêchent de voir si une voiture arrive en face ou si un piéton souhaite traverser la route.»

Les constructeurs se justifient en disant qu’ils ont augmenté la taille des montants pour supporter trois fois le poids du véhicule. Mais Didier Baudois n’y croit qu’à moitié. «Les constructeurs automobiles l’ont fait bien avant l’obligation de supporter trois fois le poids. L’esthétisme a primé sur la sécurité.» Il invite ainsi les ingénieurs à se pencher sur la modification de cet effet de cage. «Dans ces cas-là, la notion de sûreté n’est pas respectée.»

Détenteur d’une Dacia de 2007 et d’une Mercedes récente, il avoue se sentir plus en sécurité au volant du modèle français. «Il y a moins cet effet d’angle mort. Aujourd’hui, les bords du pare-brise sont tellement larges qu’il faut les diminuer.» Le Veveysan souhaite donc modifier une partie de l’article 82 de la Constitution helvétique, notamment en chargeant la Confédération de garantir la répartition des responsabilités dans le domaine de la conduite. «Les produ it s doivent êt re conformes en termes d’ergonomie, de protection et de sûreté. Elle devrait pouvoir définir la procédure ainsi que les critères de conformité des véhicules et des accessoires.»

Une campagne low cost

Son initiative est disponible sur le site de la Chancellerie fédérale depuis mardi. Didier Baudois et son comité ont jusqu’au 16 septembre 2022 pour récolter au minimum 100 000 signatures. Ils ont opté pour une campagne low cost et 2.0. «J’invite les citoyens à imprimer, à parapher le document et à faire valider les signatures avant de me renvoyer les initiatives.» Malgré ce mode de campagne, il croit en la réussite de son projet. «Mon initiative prévoit de réduire la taille et le poids des voitures. Elles consommeront moins de CO2, alors j’attends une grande mobilisation des protecteurs de l’environnement.» De plus, il défend la protection de tous les usagers de la route. «Les conducteurs, les cyclistes, les piétons, personne n’est oublié.»

En revanche, si son projet échouait, il serait dépité. «Cela prouverait que le côté environnemental de l’initiative n’a pas été pris au sérieux par ses défenseurs.»

Maxime Schweizer

 

 

 

Plus: 

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

ANNONCES EMPLOI

Annonces Événements

ANNONCES IMMOBILIER

ANNONCES DIVERSES

Articles les plus lus

1

Plongée dans le monde de l’influence

RÉSEAUX SOCIAUX REMAUFENS

Un nouveau métier a émergé des réseaux sociaux: influenceur. Cette activité particulière constitue un vecteur de publicité très efficace pour les annonceurs. La Remaufensoise Lidia Seydoux, 33 ans, s’est lancée dans cet univers l’an dernier et cartonne sur TikTok et Instag…