Une soirée pour relier les Alpes au Pamir

jeu, 05. mar. 2020
Le Pamir, région montagneuse d’Asie centrale, offre des paysages somptueux. Ici au Kirghizistan, des cavaliers chevauchant à 3500 mètres d’altitude se dirigent vers la chaîne Trans-Altaï, dont le point culminant est le pic Lénine, qui atteint les 7134 m. DR

HUMANITAIRE CHÂTEL-ST-DENIS

Mercredi dès 19 h 30, le cinéma Sirius à Châtel-St-Denis va vivre une soirée dédiée au Pamir. La région montagneuse comprise entre le Kirghizistan, la Chine et l’Afghanistan est en effet au centre des deux films qui y seront projetés.

Le Pamir – à ne pas confondre avec les protections auditives – est une région d’Asie centrale à cheval entre le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et la Chine. Cette contrée montagneuse, aux hauts plateaux compris entre 3000 et 5000 mètres d’altitude, s’invite pour un jour en Veveyse. Mercredi dès 19 h 30, elle sera au cœur de toutes les discussions, au cinéma Sirius de Châtel-St-Denis, à l’occasion de la soirée Pamir, la route de la soie.

Deux films seront présentés dans la salle obscure. Le premier, Pont 53, a été réalisé par Omar Borubaev, cinéaste kirghiz. D’une durée de vingt-quatre minutes, il dépeint la construction d’un pont en altitude. «La structure a aujourd’hui une dizaine d’années, précise Bernard Repond, président de l’association Pamir’s bridges, qui organise l’événement. Elle se situe à 2700 mètres de haut et permet aux bergers de descendre leur lait en plaine. Omar Borubaev est un ancien cascadeur soviétique qui, après l’effondrement de l’URSS, s’est lancé dans la photographie. Il s’est ensuite tourné vers les documentaires.»

Le deuxième film est une réalisation du photographe suisse Jo Bersier. Rien d’autre en tête revient, en trente-sept minutes, sur l’expédition des jeunes du Club alpin suisse de la Gruyère au cœur du Pamir, entreprise en 2017. «Ils se sont rendus au pic Korumbu, un sommet culminant à 6343 mètres, indique Bernard Repond. Par la suite, ils ont entendu parler de mon association et m’ont contacté. Lorsque nous nous sommes rencontrés, un Kirghiz était d’ailleurs présent, chez moi (sourire)

Liens régionaux, intérêts internationaux

Si la soirée de mercredi verra le jour, c’est grâce au Bossonnensois Francis Cottet, trésorier de l’association Pamir’s bridges. «Par ses contacts, il a discuté avec les autorités châteloises et nous aurons la chance de disposer de la salle obscure», explique le président. Les deux hommes, Francis Cottet et Bernard Repond, se chargeront d’accueillir les participants et d’animer les discussions qui s’engageront une fois les films terminés.

L’objectif de l’événement est, d’une part, de faire découvrir aux Suisses, connaissant davantage les Alpes, cette région qu’est le Pamir. De l’autre, il s’agit de récolter des fonds. L’association Pamir’s bridges a en effet pour but de venir en aide à son développement, notamment en réhabilitant des ponts, détruits au fil du temps. Elle vise en outre à ralentir l’exode des populations rurales.

Favoriser l’élevage local

Bernard Repond, Marsensois aujourd’hui âgé de 76 ans, n’avait aucun lien avec cette région avant de fonder l’association. «Cependant, j’ai toujours été intéressé par ces endroits du globe, notamment la Turquie ou la route de la soie, qui passe par le Pamir.» C’est un voyage de trois semaines au Kirghizistan, en 2001, qui a tout changé: «Nous étions un groupe de huit amis à faire du trek à cheval. Nous avons été interpellés par la quantité importante d’herbe sur les hauts plateaux. Pourtant, aucun berger à l’horizon. Redescendus en plaine, nous avons demandé aux habitants pourquoi ils ne menaient pas leur bêtes paître là-haut. Ils nous ont répondu qu’ils ne pouvaient plus y accéder, depuis que les ponts y menant avaient été détruits, après la chute de l’URSS.»

Avec ses amis, Bernard Repond décide alors de leur venir en aide. Depuis sa création, Pamir’s bridges a permis la construction de huitante-quatre ponts. Un grand motif de satisfaction, pour le président. «Le Pamir, c’est devenu mon deuxième pays. Il ressemble à la Suisse, mais avec moins de maisons. La population y est davantage concentrée. C’est une région très rurale, où beaucoup de gens vivent de l’élevage. Ils ont principalement des vaches, des chèvres et des yacks, mais aussi des chevaux. Ces derniers occupent une place très importante dans leur culture.»

Chaque année, Pamir’s bridges organise quatre à six événements destinés à récolter des fonds. L’entrée est gratuite. Pour soutenir l’association, les participants sont libres de glisser ce que bon leur semble dans un petit réceptacle. Celui-ci ne prend pas la forme d’un chapeau, mais celle de l’habitation traditionnelle de certains habitants du Pamir: une yourte kirghize. En modèle réduit, cela va sans dire.


Christian Marmy

Pamir, la route de la soie, mercredi dès 19 h 30 au cinéma Sirius à Châtel-St-Denis. Diffusion du film Pont 53 à 20 h et Rien d’autre en tête à 21 h. Entrée libre, collecte. Plus d’infos et organisation sur www.pamirbridges.ch

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