Comment j’ai participé, sans le savoir, à la chute du mur de Berlin

ven, 08. nov. 2019

Au début novembre 1989, je participais à Berlin-Ouest, en tant qu’expert suisse, à une séance d’un comité européen de normalisation pour la sécurité des machines. Le 9 novembre en soirée, nous avions décidé de nous rendre à Berlin-Est. Nous étions cinq (un Anglais, un Suédois, un Italien, un Norvégien et moi-même). Nous nous sommes donc rendus au Checkpoint Charlie pour passer la frontière. Nous avons dû payer chacun cinq DM (Deutsche Mark) pour le visa d’un jour, cependant, notre collègue italien a dû payer dix DM, car il n’avait qu’une carte d’identité.

En chemin, nous avons trouvé un vieux tuyau tout rouillé et nous l’avons utilisé pour prélever quelques fragments du mur que je voulais ramener comme souvenir pour mes enfants. Le passage du poste de douane était angoissant, il y avait des miroirs à quarante-cinq degrés à la hauteur des pieds afin de permettre aux policiers de contrôler ce que l’on transportait. Nous avons longé la Friedrichstrasse. Cette rue était très peu éclairée et les bâtiments très tristes, à l’exception d’un hôtel de luxe probablement réservé à la nomenklatura russe.

Nous avons tourné à gauche le long de l’avenue Unter den Linden afin de rejoindre la porte de Brandebourg. Cependant, avec notre visa d’un jour, nous ne pouvions pas passer par cette porte pour rejoindre Berlin-Ouest. Nous avons refait le chemin inverse jusqu’au Checkpoint Charlie. Arrivé à mon hôtel, vers les 23 h 30, j’ai enclenché la télévision et c’est à ce moment que j’ai réalisé que le mur de Berlin était tombé cette nuit-même. En effet, durant ce même jour, lors d’une confé- rence de presse, présentant les décisions du régime, le présentateur a dit que les visas pour les voyages à l’étranger seraient délivrés sans conditions préalables. Un journaliste a alors posé la question «à partir de quand cette mesure entre en vigueur?» Le présentateur, pris de court, a improvisé et a répondu «autant que je sache, tout de suite». Les journalistes présents ont donc transmis immédiatement cette information. A l’écoute de cette nouvelle une foule s’est précipitée au poste frontière et les gardes-frontières, désorientés, les ont laissés passer. Personne à l’Ouest n’était au courant de ce qui se passait et par le plus grand des hasards, j’y ai participé en arrachant quelques morceaux de ce mur ce soir-là.

C’était un moment historique, d’autant plus que je me rappelle parfaitement de la construction de ce mur en 1961. La télévision suisse avait, à l’époque, diffusé de nombreuses images, où l’on voyait des personnes sautant des fenêtres de bâtiments limitrophes pour rejoindre Berlin-Ouest.

Jimmy Villard, de Châtel-St-Denis

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