Longue attente

jeu, 11. jui. 2019

Six jours. Six petits jours nous séparent désormais de la première représentation, celle du 18 juillet, qui englobe le couronnement des meilleurs vigneronstâcherons*. Depuis une semaine, une question m’est souvent adressée: «Es-tu stressé?» Pas vraiment. D’une certaine façon, nous ne prenons pas conscience que le spectacle que nous répétons depuis des mois, voire un an pour certains, approche à grands pas.

Nous savons que, s’il y a un début, il y aura forcément une fin. Et c’est cette fin que nous redoutons, déjà. Nous savons que le 12 août il faudra retourner au bureau, dans nos vies qui paraîtront «quelconques», comme le dit l’abbé-président François Margot. L’attente, c’est ce qui a marqué, dimanche, la première répétition qui a réuni dans l’arène les 5500 acteurs-figurants. Dossard numéroté sur le dos, oreillettes branchées, nous attendons patiemment à l’extérieur, sous la Grenette, de pouvoir entrer. Vevey grouille de partout.

D’un seul coup, tout s’accélère. Un régisseur nous fait signe d’entrer: «Vous avez quatre minutes.» Nous traversons à toute vitesse l’arène, par les «sous-sols», afin de rejoindre l’entrée sud,

côté lac, pour notre arrivée. Les onze minutes de notre tableau, la Saint-Martin, semblent ne durer que quelques secondes. Nous ressortons. Nous en profitons pour nous baigner en attendant le second filage. Mais, sur nos smartphones, nous recevons un message: «Second filage annulé. Les figurant peuvent rentrer chez eux.» Le metteur en scène Daniele Finzi Pasca nous adressera, le lendemain, un message filmé, via les réseaux sociaux, pour nous expliquer qu’il voulait

faire le point avec son équipe, pour nous éviter de faire les mêmes erreurs. Lundi soir, la Confrérie des vignerons a convié la presse pour assister aux premiers tableaux du spectacle. Seuls 200 invités, principalement des journalistes, sont là. A 22 h précises, les cloches de l’église Saint-Martin sonnent comme pour donner le coup d’envoi. Pendant quatre tableaux et trente minutes, il y a quelque chose de magique. Et surtout d’humide, le long de nos joues.

On mettra cela sur le compte de la légère brise qui vient nous chatouiller le visage. A la fin, les acteurs-figurants reviennent. Ils peinent à quitter la scène. Un cri monte depuis le field of play (place de jeu) vers le ciel étoilé: «Merci Danieleee!» Toujours pragmatique, Daniele Finzi Pasca tempère l’euphorie ambiante des acteurs-figurants qui viennent de vivre une première, tous costumés de la tête au pied, maquillés: «Attention, ce n’est qu’une répétition. Nous avons encore beaucoup de choses à régler…» Et il conclut: «Bonne nuit Vevey.» La Voie lactée veveysanne, nous allons la voir beaucoup. Nous sommes désormais tous les soirs dans l’arène. Et demain, nous serons prêts pour la première générale… en public et en costume. VALENTIN JORDIL

*Je relate ici, toutes les semaines, les coulisses de la Fête des vignerons 2019

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